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Le dérangement

Imagineriez-vous un littoral sans oiseaux ?
Aujourd’hui, des espèces emblématiques (mouettes et petits goélands, pour les plus connues) sont réellement menacées ! Nos espaces de loisirs et de détente (plages, spots et autres lieux de promenade, de pêche...) sont, pour ces espèces, des zones de reproduction, de repos ou d’alimentation. Si l’urbanisation a réduit la superficie de ces espaces, pour nous comme pour eux, elle a augmenté aussi nos interactions avec eux. Trop souvent, par méconnaissance, ces interactions sont à l’origine de dérangement sur les oiseaux, parfois suffisant pour faire échouer la reproduction de toute une colonie. Avec un minimum de savoir-faire, le vivre ensemble est possible.

Le dérangement, c’est quoi en fait ???

Le terme « colonie » désigne le rassemblement d’oiseaux pour leur reproduction. Les laro-limicoles coloniaux, c’est à dire les mouettes, sternes, petits goélands et avocettes, construisent au sol un nid sommaire sous la forme d’une simple petite cuvette creusée dans un substrat meuble, et forment ainsi des colonies de quelques couples jusqu’à plusieurs centaines.
Ayant besoin de tranquillité, les oiseaux sont sensibles à la présence de l’homme et s’envolent à son approche. Déranger un groupe d’oiseaux au repos, qui peut se déplacer plus loin, n’a que peu d’impact, sauf si les sites tranquilles sont rares. Mais c’est la présence des nids qui fait toute la vulnérabilité de la colonie. En effet, déranger une colonie provoque l’envol des adultes qui ne reviendront sur leurs nids qu’au départ de l’intrus. Ainsi, durant toute la durée du dérangement, les œufs et les poussins demeurent sans protection.
Les dérangements répétés et de longue durée entraînent la mort des œufs et des poussins, par défaut d’incubation ou en raison d’une trop longue exposition à la chaleur ou au froid, jusqu’à l’abandon du site par les adultes. Ils peuvent également provoquer une augmentation de la prédation, certains prédateurs profitant du dérangement provoqué pour aller se nourrir sur les œufs ou les poussins.

Qu’est-ce qui provoque un dérangement ?

Un dérangement peut être engendré par toute personne, à pied, au volant de tout type de véhicule du vélo à l’avion de chasse en passant par le quad et le char à voile, et dont l’approche provoque l’envol des oiseaux. Il sera d’autant plus impactant qu’il sera prolongé ou répété. Le dérangement peut laisser place à l’écrasement des nids, si vous vous déplacez en véhicule mais aussi à pied, les nids étant très peu visibles, ou à la destruction des nichées si vous êtes accompagnés de votre chien (voir plus bas). Mais là, attention, on parle alors de destruction d’espèces protégées !

Évolution du cadre réglementaire car l’urgence est réelle

Au cours de ces cinquante dernières années, les oiseaux ont vu une fréquentation croissante du public sur les espaces littoraux. Les sites tranquilles d’hier sont devenus des zones où l’affluence est aujourd’hui telle qu’il ne leur est plus possible de se reproduire avec succès. Associé à la disparition des espaces naturels, le dérangement est devenu un enjeu majeur pour la survie de ces espèces.
Face à l’urgence de considérer le déclin des espèces du littoral, le dérangement intentionnel est sanctionné par la loi (article L 411-1 du code de l’environnement) et passible d’une contravention de quatrième classe (article R415-1) pouvant s’élever jusqu’à 750€.
Mais le dérangement est le plus souvent non intentionnel et résulte d’une méconnaissance à la fois de l’environnement qui nous entoure et de l’impact de certains comportements.

Repères et comportements pour éviter d’impacter leur cycle de reproduction

  • Apprendre à identifier les signes d’un dérangement : si les oiseaux s’envolent à votre approche en criant (cris d’alarme ou de détresse), vous êtes trop près et provoquez un dérangement. Cependant, s’ils se déplacent et s’éloignent pour parfois se reposer plus loin, il ne s’agit pas d’une colonie. Au contraire, s’ils restent sur place et vous survolent en criant, c’est que leurs nids sont à proximité. Éloignez-vous au plus vite pour permettre aux adultes de rejoindre leurs œufs ou leurs poussins. Attention où vous mettez les pieds si vous avez pénétré par mégarde dans la colonie.
  • Apprendre à identifier une colonie : tout rassemblement d’oiseaux posés au sol entre la mi-avril et la fin juillet est peut-être une colonie de reproduction. Adoptez alors un comportement de vigilance en restant à distance et en contournant ce rassemblement.
  • Savoir que les colonies peuvent être très peu denses (une dizaine de mètres séparant chaque nid) et par conséquent peu visibles. Fiez-vous alors au comportement des oiseaux dérangés cité ci-dessus.
  • Prendre en compte le fait que même si votre dérangement est de courte durée, vous êtes peut-être plusieurs dizaines, voire centaines, à fréquenter le site le même jour et que vous participez à un dérangement répété qui peut alors être néfaste au maintien de la colonie.

Vous pourrez également constater que certaines colonies du littoral sont encerclées par des panneaux d’information et/ou des piquets et du grillage ou filets. Il s’agit d’une mise en protection d’une colonie, visant à matérialiser sa présence pour éviter le dérangement humain, voire empêcher l’intrusion des chiens. Veillez à respecter ce périmètre de quiétude et ne franchissez pas les barrières.

Le cas des animaux domestiques

Les chiens participent au même titre que les humains au dérangement. Leur impact est même souvent plus important car leur instinct en fait des prédateurs potentiels au flair leur permettant de trouver rapidement les œufs et poussins. Aussi, d’avril à fin juillet, veillez à garder votre chien près de vous.
Sachez que le code rural interdit toute divagation des chiens, définie dans son article L211-23 comme étant hors de portée de voix de son maître ou à plus de 100m de celui-ci. Tout contrevenant encourt une contravention d’un montant de 150€.
La présence des chiens sur les plages est quant à elle réglementée par arrêté municipal ou préfectoral. De fait, très peu de plages sont autorisées aux chiens, même tenus en laisse. Vous trouverez différents sites internet qui répertorient ces plages en France : www.plages.tv/chiens/liste-france, www.animaux-sur-la-plage.com/plages,carte.html

Dans quels cas les riders peuvent-ils impacter la faune locale ?

L’impact des sports de glisse sur les lagunes est très visible quand ils sont pratiqués à proximité immédiate des colonies (installées sur des îlots par exemple). Dans ce cas, adoptez le même comportement qu’à pied comme décrit ci-dessus : ne vous approchez pas.
Par ailleurs, les sternes, mouettes, etc sont des oiseaux pêcheurs. En période de reproduction, les sternes ramènent un par un les poissons au nid pour nourrir leurs poussins. Ce qui occupe chaque parent du lever au coucher du soleil... On peut donc supposer que la présence d’une forte concentration de voiles dans la zone de pêche des oiseaux pourrait avoir comme effet de les repousser vers d’autres secteurs moins fréquentés mais aussi plus éloignés de leurs nids. De plus longs déplacements augmentent la dépense énergétique, ce qui pourrait alors réduire fortement la capacité des parents à élever leurs poussins. L’effet d’un tel dérangement est très difficile à quantifier mais il pourrait être tout aussi dévastateur que l’impact du dérangement direct des colonies. Faute d’études, nous n’avons aucune recommandation à apporter, si ce n’est d’en avoir conscience et d’adopter alors un comportement responsable.

Une solution prometteuse "la Météo des oiseaux", un véritable outil d’information en temps réel, de la fragilité des zones naturelles, associé à des repères pour apprendre, donc pouvoir respecter son environnement.

Une page facebook intitulée « Météo des oiseaux », a été créée sous l’impulsion du Think tank CODE 300M (futur Guide du Ride Ensemble 2017) dont Michaël GAS, sportif multi-glisse, est le porteur de projet. Cet outil a pour but d’indiquer quel est le niveau de sensibilité des sites de pratique sur le littoral par rapport à la présence de colonies de laro-limicoles. Cette information est mise à disposition des pratiquants sous la forme de cartes, mises à jour de manière hebdomadaire, localisant les sites de pratiques (kitesurf, windsurf, randonnées, baignade, pêche à pied, etc.) et identifiant le niveau de sensibilité de ces sites par un code couleur.
Cet outil est né de la forte conviction que la grande majorité des pratiquants de sports de nature est désireuse de pratiquer de la manière la plus harmonieuse possible avec son environnement, mais que bien souvent, le manque d’informations peut être à l’origine de comportements entraînant dérangements et/ou dégradations.
Il s’agit d’une première nationale, cet outil n’a encore jamais été testé sur le littoral français. À ce jour, il est mis en œuvre à l’échelle du Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée, l’objectif étant de l’étendre à la façade méditerranéenne française l’an prochain si cette phase test est concluante.
Soyez informé en recevant les notifications automatiques une fois par semaine sur une carte interactive mise à jour en temps réel. Découvrez ainsi le niveau de sensibilité de la zone qui vous intéresse en vous rendant sur la page facebook Météo des Oiseaux

Coordinateur
Les Marais du Vigueirat
Les Marais du Vigueirat
Bénéficiaires associés
Syndicat mixte de gestion du Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée
Syndicat mixte de gestion du Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée
Département de la Haute-Corse
Département de la Haute-Corse
Thau Agglo
Thau Agglo
Compagnie des Salins du Midi et des Salines de l’Est
Compagnie des Salins du Midi et des Salines de l’Est
Réseau Ecole et Nature
Réseau Ecole et Nature
Fondation Tour du Valat
Fondation Tour du Valat
Conservatoire d’espaces naturels du Languedoc-Roussillon
Conservatoire d’espaces naturels du Languedoc-Roussillon
Partenaires techniques et financiers
Commission européenne - Environnement/Programme LIFE
Commission européenne - Environnement/Programme LIFE
Ministère de la transition écologique et solidaire (MTES)
Ministère de la transition écologique et solidaire (MTES)
DREAL Corse
DREAL Corse
DREAL Provence-Alpes-Côte d’Azur
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DREAL Occitanie
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Région Occitanie / Pyrénées - Méditerranée
Région Occitanie / Pyrénées - Méditerranée
Région PACA
Région PACA
Département de l’Aude
Département de l’Aude
Département de l’Hérault
Département de l’Hérault
Département des Bouches-du-Rhône
Département des Bouches-du-Rhône
Parc Naturel Régional de Camargue
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Grand Port Maritime de Marseille (GPMM)
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Commune de Sigean
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Métropole Aix Marseille Provence
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Fondation total
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Montpellier Méditerranée Métropole
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Siel
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Lafarge
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Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage
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Eau Vie Environnement (EVE)
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SIANPOU
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Office de l’environnement de la Corse
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Conservatoire du littoral
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Agence française pour la biodiversité
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Pôle-relais lagunes méditerranéennes
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